La fois où j’ai rencontré l’ex de mon ex

On est dimanche, il est 3h de l’après-midi environ. On arrive tout juste d’une journée de ski. Il fait beau, les joues encore rouges, mon chum débouche un vin blanc. Marie-Christine, la plus vielle de mon chum n’a pas voulu venir avec nous ce matin. Elle était maussade et je n’ai pas trop compris pourquoi, mon chum m’a dit de la laisser faire et qu’elle ne viendrait pas. Elle a 16 ans, donc je n’en fait pas de cas et moi je ne suis « que » la belle-mère après tout, donc je ne m’en mêle pas. Les 2 plus jeunes, quant à eux, étaient enjoués d’aller passer la journée à skier. Et franchement, on a eu beaucoup de plaisir.

À notre retour, Marie-Christine est enfermée dans sa chambre. De mon côté, je m’empresse de rassembler les mitaines, tuques, foulards et feutres de bottes à faire sécher; tandis que mon chum s’époumone à tenter de partir un feu.

Ding Dong! Ding Dong! Genre 4 fois!

À peine une braise allumée que l’on entend la sonnette de la porte. J’y vais. Une femme se tient debout, me dévisage de la tête et aux pieds et me dis : « je m’en viens chercher mes enfants! » Euh? Ok… Je comprends donc que c’est la mère des enfants. Correct… Mais c’est pas lui qui était supposé aller les reconduire après le souper?

Elle entre. Mais, elle fait pas juste entrer dans le portique : elle entre jusqu’à la cuisine qui est à l’autre bout de la maison. Puis elle cri. Euh! S’cuse moi! Premièrement, on se calme et deuxièmement, je peux savoir ce qui se passe? Mon chum… dit rien. Comme dans rien pantoute! Les trois enfants se faufilent en douce dans leur chambre, têtes basses, ils disparaissent. Je me retrouve devant cette femme totalement enragée, et cet homme piteux les oreilles baissées. Mais que ce passe-t-il au juste? J’exige de comprendre-e ce qui est en train de se passer, car franchement je l’ai pas vu venir celle-là!

Parenthèse

À savoir que mon chum m’a toujours dit que madame en question, la mère des enfants, avait refait sa vie avec un militaire et qu’ensemble ils devaient souvent voyager pour le travail de son nouveau conjoint. Ok! C’est cool! Mais les enfants? Qui s’en occupent? Ben ils ont une nounou et ils partagent leurs tours de garde. Bah! Si ça marche et que tout le monde est contents, tant mieux!

Ça fait 8 mois que je suis en relation avec lui. J’ai rencontré les enfants il y a de cela 2 mois, lorsque leur mère serait soi-disant revenu d’Allemagne et aurait repris son tour de garde. Je dois dire que ça faisait mon affaire de ne pas rencontrer tout de suite les enfants, voulant surtout être certaine de la stabilité de notre relation entre moi et leur père. Je n’ai pas d’enfant mais je sais que c’est important pour un enfant d’avoir des relations stables dans la vie.

Fin de la parenthèse

Bref, je reviens à mon ti-minou-aux-oreilles-basses-de-chum et à son enragée-d’ex-aux-yeux-sortis-de-la-tête. Elle hurle d’insultes contre ti-minou en question, qui lui ne bronche toujours pas et moi j’observe la scène, mâchoire à terre, en tentant en vain de replacer les morceaux du puzzle dans ma tête. Puis elle se tourne vers moi, me sort une pile de documents imprimés qu’elle agite devant moi en me traitant de tous les noms.

« Bon ça suffit, je ne sais pas c’est quoi ton problème, ni la raison de la crise en ce moment, mais tu viendras pas m’insulter chez nous; donc je vais te demander de te calmer les nerfs et de quitter. » C’est à ce moment précis que ti-minou semble fondre devant son foyer comme une glace au soleil et Miss-yeux-exorbités explose tout simplement de rage. Visiblement, je n’ai pas peser sur le bon piton de madame.

Elle appelle les enfants en leur hurlant de s’habiller pour partir. Aucun son, les yeux rougis de larmes, ils sortent à la file indienne. Mais bon sang, que ce passe-t-il?! En sortant, Marie-Christine me regarde d’un être déconfite et me chuchote un « Simone, je m’excuse… » avant de refermer la porte d’entrée derrière elle. Sa mère, toujours sous l’emprise d’une colère hystérique, rajoute quelques insultes au passage et claque la porte.

Pervers narcissique : c’est de même qu’on appelle ça!

Je cale mon verre de vin. Ouais, j’ai calé un verre de vin blanc. Ouach! Je grimace. Pas tant pour le goût, mais surtout du sentiment dégueu que j’ai en moi en tentant de comprendre ce qui vient de se passer. Je regarde mon chum, il regarde par terre, il se ronge un ongle. Ça va? Que je lui demande. Il me regarde, mais dit rien. Ok, là mon intuition féminine vient de sonner l’alarme. Tout cela était pas l’œuvre d’une folle hystérique qui vient de péter une coche pas rapport à son ex et sa nouvelle blonde.

La folle, c’était une mère, une femme, une épouse blessée, trahie et humiliée par son mari infidèle. Vous avez bien lu. J’ai été utilisé comme une marionnette; croyant que je vivais un bel amour. Et oui, j’ai été la maitresse de cet homme. Mais je n’en savais rien. Monsieur ti-minou s’est avéré un menteur et manipulateur. Comble du narcissisme, il a même impliqué ses enfants dans le scénario. Quelle honte! Tout se bouscule dans ma tête et les 1+1 se font à la vitesse de la lumière. Mais ça, ce sera pour une autre chronique.

Nous sommes dimanche, il est presque 4h l’après-midi et en l’espace d’à peine 1h, je viens de comprendre ce que ça fait d’être victime depuis les 8 derniers mois d’un manipulateur pervers narcissique.

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