Quand j’étais petite, (et je le suis encore! Je mesure genre 5 pieds quand je saute), mon père était comme mon héros. Un vrai héros, tsé celui avec la cape et tout. Je ne me souviens d’aucun moment, où il n’a pas été présent. Il a toujours été là. J’ai appris jeune que je pouvais compter sur mon père. C’était un fait, mon père était présent et il le sera toujours. Jusqu’au jour….

Le fameux dimanche de Pâques

En visite chez mes parents avec mes filles pour faire la traditionnelle chasse au lapin à cocos. Mon père ouvre la porte… Il est d’une couleur bizarre…. Tsé pas une couleur normale, un espèce de jaune-orange-autobronzant-qui-flashe-dans-le-noir. Soit il a confondu Pâques avec l’Halloween, soit il est devenu cône pour la construction. Je n’ose pas lui en parler; il y a trop de monde et je ne voudrais pas révéler à quiconque qu’il a essayé une crème autobronzante qui, visiblement, ne fonctionne pas.

Ma fille, que j’aime plus que tout au monde, en toute naïveté ose l’appeler « grand-papa soleil »….C’est cute! Mais ça nous flaque tout un silence… Un silence que personne ne veut subir. Mon père rit, il dit qu’on ne doit pas s’inquiéter, que c’est probablement un effet secondaire d’un médicament naturel qu’il prend. Bon c’est clair; mon papa mange trop de carottes. On le blague, on le traite de « douchebag« , on rit de plus belle et c’est ben drôle.

Le lendemain, Omer Simpson va voir le médecin. Son teint n’est pas une résultante d’un trop plein de petites granules homéopathiques. C’est le cancer; et pas juste un cancer, un maudit cancer… Le cancer du pancréas. Là c’est pu drôle. On ne rit plus; personne. Vient l’opération, suivi de la radiothérapie, puis de la chimiothérapie et finalement… la mort.

J’ai perdu mon père. Maudit cancer.

On n’a pas le droit de perdre son père quand on est dans la trentaine. Mon père est un héros! MON super-héros! Il va revenir. C’est clair, ce n’est pas vrai. Je n’y crois pas. La mort, ce n’est pas irrévocable. On revient de je ne sais pas où, mais on revient. Et si les autres ne reviennent pas, ben lui, il va revenir. On n’accepte pas la mort d’un papa-héros, un point c’est tout!

Mais….

On n’a pas le choix. On apprend qu’il y a des choses dans la vie qui sont plus grandes que nous. C’est un apprentissage à la dure, à coup de masse dans face. Mon père ne sera plus là pour répondre à mes appels, ni pour un jour m’amener à l’hôtel et offrir ma main à l’homme qui prendra sa relève. Papa, tu ne seras plus là pour bercer tes petits-enfants. Je ne m’habitue pas à ton absence. Je ne veux pas m’habituer. Mais… j’ai pas le choix.

Et maintenant?

Comment faire pour continuer à vivre sans ces personnes si précieuses? Comment résister à la mort? C’est difficile pour ceux qui restent. Comment expliquer ça à mes enfants?

– « Grand-papa était là, maintenant il n’est plus là. »

– » Il est où? »

– « Maman ne le sait pas mon ange… et si je le savais, je te garantie que j’irais le chercher pour le ramener. »

Euh excuse-moi, mais moi, j’ai encore besoin de mon père. J’ai encore des choses à apprendre de toi. Je dois continuer mon rôle de petite fille aimée par son papa. La pièce de théâtre n’est pas finie. « Joue encore! Joue encore avec moi! « .

Mais je comprends maintenant que même si je ne te vois plus, tu es là. Tu me regardes jouer dans cette grande pièce de théâtre qu’est la vie. Car c’est toi qui m’a appris à jouer… Tu m’as donné le premier rôle, mon tout premier rôle. Je ne sais pas où tu es, mais dans mes gestes du quotidien auprès de mes enfants, j’ai compris que tu m’avais donné ta cape.

Merci Papa, d’avoir fait de moi la mère que je suis aujourd’hui, parce qu’à travers toi, je suis une maman-héros pour mes filles et ça, c’est grâce à toi!
Je t’aime !

Maintenant, je tente d’accepter, de faire mon deuil

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