La Semaine de relâche

Bon, vous le savez, je n’ai pas d’enfants, j’en ai jamais voulu et j’assume pleinement mon choix. Mais comme vous le savez, j’ai eu le malheur (ou le bonheur en fait) de rencontrer un homme qui en avait trois en prime. Pas en option là! En bonus! Gratis! Tout faits, accouchés, mouchés, propres et vaccinés! Quoi de mieux!

Ça veut aussi dire qu’une fin de semaine sur deux, je dois troquer mon chum pour un papa-poule qui ne se peut plus de tout vouloir faire pour les divertir, les rendre heureux et compétitionner avec son ex qui est surement la sœur de la maman de Caillou. Ça veut aussi dire qu’on a droit à la moitié de la semaine de relâche. Attention, la course est lancée, rien de va plus!

Papa-poule a fait une shop chez Costco pour la semaine, le frigo déborde, on a du lait en vrac et des pizzas-pochettes (ben quoi! Pour gagner la compétition du meilleur parent avec des ados, ça prend des pizzas-pochettes dans vie!), le réservoir de la motoneige est rempli, les patins sont aiguisés, les luges sont cordées dans le garage, les batteries des manettes de Wii sont chargées à bloc! À vos marques, on relâche!

Je regarde le calendrier… je suis déjà brûlée! On peut-tu juste écouter un film tranquillos? C’est parce que moi, je TRAVAILLE cette semaine, tsé! Bon, let’s go Simone, t’es loin de la mère de Caillou, alors tu pars loin en arrière dans la ligue. Alors, je me donne un coup de botte d’hiver dans le derrière, j’enfile mes pantalons de neige, ma tuque, mes mitaines et je sors affronter le Bonhomme de neige.

J’ai 8 ans, j’capote!

Déjà, il fait beau, c’est un excellent début. Le soleil est bon, je me verrais bien sur une terrasse avec mes lunettes de soleil et une bonne Sangria! HEY! QU’EST-CE QUE JE SUIS EN TRAIN D’IMAGINER LÀ ?!!! Je suis supposé jouer à la bonne mère de famille en ce moment! REVIENS SUR TERRE SIMONE! Tu t’en vas te lancer dans un banc de neige en faisant semblant que tu as du fun! YEAH!

Simone! Viens nous rejoindre, on va faire une bataille de boules de neige! Regarde, papa nous a acheté un bidule pour faire des boules de neige parfaitement ronde!

Vous êtes sérieux, un bidule pour faire des boules de neige! Mais de quel monde vous venez?! Dans mon temps, du moment que tu avais de la neige dans les mains, ça faisait la job! Je m’installe derrière la haie de cèdres et … À L’ATTAQUE!!!!! Je me déchaine. Je hurle de victoire en bombardant mon grand ado de 6 pieds de boules-pas-parfaites de neige pendant que lui essaye de se fabriquer une petite boule toute ronde! Pffff! « Cassé! El’grand! », tu ne fais pas le poids.

Ma belle-fille observe la scène mâchoire à terre et se met à comploter avec son père pour préparer leur prochaine attaque. Soudainement, le bidule-à-boule-parfaite prend le bord et c’est l’artillerie lourde qui s’installe. Mon chum a décidé de se munir de la pelle pour s’en servir de catapulte. Euh! Vous voulez jouer à ça, vient-en l’grand, on se prépare une vengeance!

Time out! On veut un caucus!

Les équipes sont faites, on se planque derrière les buissons, on se fabrique quelques boules d’avance et on s’invente un plan d’invasion pour prendre possession du fort ennemi! Sérieux, c’est pas vrai que la méchante belle-mère va perdre, je joue ma vie ici! Comme quand j’avais 8 ans et que l’on passait nos journées à jouer dehors. On rentrait seulement pour le souper et fallait nous prier pour faire la trêve jusqu’au lendemain matin.

Moi pis mon beau-fils, munis de nos armes enneigées, à GO, on abandonne le fort en criant comme des déchainés et on court, direction l’ennemi. On se ramasse quelques rafles, mais on abandonne pas. On est des durs à cuire. Question de reprendre quelques munitions, on se lance derrière chaque arbres ou buttes faisant office de bouclier. Puis on repart dans un cri de guerre sans merci. Il n’y aura aucune pitié, on arrive!!!

La guerre est finie !

La vengeance fut terrible. Assurément, on a eu beaucoup de plaisir. Les joues rougies, les pieds mouillés et les bouts de doigts gelés ;on rentre le cœur attendri et le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Je ne sais pas si c’est papa-poule, la sœur de maman-caillou ou la méchante belle-mère qui a gagné cette bataille épique, mais dans mon cœur, j’ai 8 ans et la petite fille en moi a eu bien du plaisir.

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