La fois où j’ai couru nue dans la neige!

Mon chum et moi, on a un petit plaisir hebdomadaire. Le samedi soir, quand les enfants sont couchés, on aime bien prendre un spa. On fait ça depuis 5 ans. C’est comme notre moment à nous et il est impossible d’y déroger.

Ce samedi, je souhaite faire la grève du spa. J’ai juste pas le goût; je souhaite rester bien au creux de mon divan avec ma doudou et mon verre de vin. Mon chum ne me lâche pas. Il veut qu’on prenne notre spa. Impossible pour lui qu’on saute un samedi. Je chiale, je me demande pourquoi j’ai décidé de marier un homme aussi rigide. On ne peut pas changer nos habitudes me dit-il.

Je me résigne donc à sauter dans le spa pour pouvoir en ressortir le plus rapidement possible. Pas de maillot : c’est trop long de me changer. L’avantage de vivre dans le nord, c’est que les voisins sont trop loins pour nous voir. De toute façon, ils doivent aussi être dans leur salon avec une doudou bien au chaud.

Mon chum sort nos verres de vin, oublie de sortir des serviettes, car en plus d’être rigide sur nos habitudes, il oublie toujours les serviettes. Une fois installer dans le tourbillon, je passe finalement un bon moment de relaxation. Je profite de l’air frais sur mon visage pour regarder les milliers de petits flocons qui nous tombent sur le nez.

C’est ben beau les flocons, mais là moi je rentre!

Je commence à avoir froid, je décide donc de retourner à l’intérieur. Je sors du spa en vitesse pour me rendre à la porte patio.

Il y a des choses dans la vie qu’on a, qu’on utilise que très rarement, et qu’on finit par oublier. Comme le bâton dans la porte patio. Le bâton antivol qui fait en sorte que le voleur ne pourra pas glisser la porte s’il finit par la débarrer.

Je me suis toujours questionnée sur l’importance de ce bâton. Si un voleur veut entrer par une porte patio, il va briser la vitre. Est-ce qu’il va vraiment s’arrêter et décider de choisir une autre maison à cambrioler à cause de mon bâton? Bref, je l’ai toujours eu et j’ai continué à vivre ma vie avec mon bâton, peut-être inutile, de porte patio.

Mais ce soir, ce bâton a pris une place beaucoup trop importante dans ma vie. Je tente d’ouvrir la porte, je force et le bâton, qui devait se chercher une raison de vivre à ce moment-même, tombe.

Il tombe!

Il m’embarre dehors.

Nue.

SÉRIEUX!!?!

Je regarde mon chum. Il rit. Je ne ris pas pantoute. Je ne voulais pas prendre de spa aujourd’hui.

Toujours nue, je pars à la recherche d’une fenêtre ouverte ou si par chance la porte d’en avant serait débarrée. Comme si dans vie, le monde laisserait des fenêtres ouvertes en plein hiver à -15°C. En tout cas, moi je pars avec l’espoir que mon chum l’a faite, car c’est clair que moi je ne l’aurais pas fait, mais bon. Pour une fois, les hurluberlus de mon chum auraient servi… Considérant que je suis super chanceuse dans la vie : les portes sont toutes barrées, les fenêtres bien fermées. Pour une fois, je chiale après moi-même d’être trop prudente.

Je retourne me réchauffer dans le spa en bougonnant.

Mon chum : « Qu’est-ce que tu fais? »

Moi : « Je m’installe pour dormir. »

Mon chum : « Simone franchement! C’est juste drôle! »

Franchement, c’est vrai que c’est bien comique. Bien comique. Tu ris. Pas moi. Je fais la baboune. Je reste dans le spa. Point.

Mon chum allume, comme une lumière. Mon père qui habite à côté de chez moi, a un double de ma clé. Roche-papier-ciseaux-allumettes! Mon chum perd; je gagne pour une fois dans ma vie! J’ai enfin retrouvé le sourire quand je l’ai vu courir, nu, dans la neige, sans serviette ni souliers en se tenant la poche-de-petits-enfants-potentiels pour demander à mon cher papa de bien vouloir venir nous débarrer la porte.

J’ai maintenant hâte au réveillon des fêtes en famille! Je me bidonne déjà à l’idée!

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