La crise du mitan de la vie

Mon beau-frère est parti hier. Pas juste un petit peu parti… Parti pour de vrai, en laissant ma sœur dans un brouillard sans fin.

Elle se lève comme à tous les matins. Elle a son air de « hate morning ». Depuis qu’elle a quatre ans, elle n’est pas du monde le matin. La seule chose qui lui ramène le sourire c’est le café de son chum. Lui, il a la touche pour lui tirer un sourire.

C’est difficile pour moi de l’avouer mais je les ai toujours enviés. J’ai toujours voulu avoir un homme qui prendrait soins de moi. Ma sœur, elle l’a cet homme.  Ils sont beaux, ils sont heureux; bravo la vie de les avoir réunis.

Mais là, la vie a comme changé d’idée. Son amoureux est parti comme à tous les matins pour aller au travail. Ma sœur lui texte son premier «je t’aime » avant de partir elle aussi.

À son retour du travail, elle retrouve une maison presque vide. Elle appelle son amoureux.

« Mon amour, on s’est fait voler, la maison est presque vide… »

« Je t’arrête tout de suite, ne panique pas, nous nous ne sommes pas fait voler… Je suis parti. »

« Parti au poste de police? »

« Non ma belle, je suis parti de la maison, j’ai besoin de lumière, de soleil, d’air. Je te quitte et je ne reviendrai plus. »

Ma sœur lui promet de lui faire couler un café tous les matins. Lui, il lui promet qu’il ne reviendra pas.

Les mots sont dits… il ne reviendra pas…

Le tourbillon de la peine est déclenché. Ma sœur est en crise, dévastée, démolie, elle ne comprend pas et j’ai beau tenté de la consoler, elle est inconsolable. Et honnêtement, je ne sais pas quoi lui dire car je ne comprends pas moi non plus.

Mais qu’est-ce qu’il a bien pu se passer dans la tête de mon beau-frère? Il l’aimait tellement, leur maison était tapissée de petits mots doux collés qu’il lui écrivait. Et elle, elle le trouvait si adorable qu’elle voulait l’afficher partout dans sa maison, témoin de leur bonheur. C’est clair, il est en crise du mitan de la vie.

Pauvre petite sœur, j’aimerais t’enlever ta souffrance et d’un coup de baguette magique te ramener ton mari! Mais je ne peux pas. Je t’amène en voyage très loin, pour tenter de lui ramener un peu de soleil… Il reviendra peut-être… Je te le souhaite, vraiment, tellement.

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