L’Autriche: quel pays!

J’ai 35 ans. J’ai perdu mon père il y a moins de deux ans. À cet âge, on a besoin de nos parents. Mais la vie en a décidé autrement. Il me reste ma mère. Je te garantie que s’il me reste juste un de mes parents, ma mère, elle a un contrat d’immortalité signé. Elle ne le sait pas encore, elle l’apprendra à la lecture de cette chronique.

Ma mère retraitée, a comme pogné la piqûre du voyage. Depuis un an, elle passe plus de temps dans les cliniques de vaccination que chez elle. Le Vietnam, l’Espagne, la Chine, bref, la carte du monde n’a plus de secret pour elle. Ma fille de 4 ans croit que la maison de sa mamie est dans l’avion. Somme toute, elle arrive le mois passé et elle me dit : « Bon, je vais allez visiter l’Autriche avec une amie. Trois semaines, un voyage bien simple ».

Bon, pour commencer, ma mère ne peut pas faire de voyage ‘’bien simple’’. Elle a comme raté sa vocation de géo dans son enfance. Elle n’est pas encore arrivée dans le pays visité, que son horaire pour le prochain mois est décidé à l’heure près. Le musée du Louvre, ma mère elle s’est prévue 2 heures 43 minutes pour le visiter. Pas une minute de plus, sinon son horaire était déstabilisé pour le reste du périple. Bref, avec ma mère, en voyage, ce n’est pas reposant.

Elle quitte pour son voyage. Bon ben Salut! Elle me dit, en m’envoyant l’ensemble de ses documents de voyage, son itinéraire, les endroits où elle va dormir ainsi que les numéros de téléphone de tous les sites historiques, qu’elle reviendra le mardi 5 juin à 17:00. Parfait, c’est beau, bon voyage.

Appelez l’Ambassade quelqu’un, ma mère est disparue!

Le 6 juin, je me réveille avec une boule à l’estomac. Ma mère ne m’a pas appelé. Elle ne doit pas être revenue. Je tente de l’a contacter; pas de réponse. Je contacte ma sœur, qui est d’ailleurs aussi organisée que ma mère; son téléphone est fermé. Oh… Là ce n’est pas bon signe. Ma sœur doit être partie en direction de l’Europe pour aller rejoindre ma mère qui a disparu au pays de la princesse Sisi. C’est clair! Ma mère a été kidnappé.

J’ouvre mon ordinateur pour aller voir sur les grands Internet voir si on ne parle pas d’une grand-maman québécoise kidnappée en Autriche par un réseau de trafiquants d’organes humains. Aucun signe. L’information n’a pas dû se rendre encore.

Une idée! Je vais appeler son amie avec qui elle voyage pour voir si elle n’a pas reçu une demande de rançon. Aucune réponse. Tout devient évident pour moi : cette grande amie de la famille que nous connaissons depuis notre tendre enfance a aussi été enlevée.

Vers qui je dois me tourner pour me venir en aide? Le consulat, la police, la gendarmerie, l’armée? Attends! Attends un peu ma belle Adèle, pour quelles raisons, un groupe de trafiquants autrichien pourrait s’en prendre à ta mère. Elle n’est pas connue, elle n’est pas millionnaire, elle n’est pas faite en diamant… mais elle est quand même vieille.

Si ce groupe voulait des organes, ils auraient kidnappé des jeunes en pleine santé, non? Pas une grand-maman québécoise en voyage avec sa vieille amie… Mais c’est la seule thèse qui me vient en tête; j’ai comme une intuition… Et ma pauvre sœur qui est partie sans moi retrouvée notre mère. Comment elle aurait pu ne pas m’aviser?

Je t’en supplie: répond!

Je vais travailler, avec la peur au ventre. Les images de ma mère déjà en morceaux vendus à la pièce me bouleverse. Je lui laisse un dernier message sur sa boîte vocale. « Maman, réponds-moi, je t’en supplie. Je suis inquiète, tellement inquiète pour toi. Reviens-moi, reviens-nous, tu as encore tant à nous donner, à moi, à mes filles. Je t’aime maman… »

Oups! une autre ligne… Qui peux bien me déranger pendant mes derniers mots d’adieux à ma mère? C’est elle, c’est ma mère…

« Allô ma belle Adèle! »

« Maman? Tu es en vie! Mais où es-tu? Combien est ta rançon? Est-ce qu’ils t’ont relâché? »

Silence… Gros silence…

« Adèle, est-ce que ça va mon ange? En arrivant hier de mon voyage, j’ai accompagné une amie pour un colloque, je suis à Québec. »

J’ai annulé ma demande faite à l’armée et à la gendarmerie. Ma sœur avait juste fermé son cell. Ma mère est à Québec et moi, je suis assise dans mon salon en me disant que j’ai beaucoup d’autres choses à gérer.

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