À toi l’enfant que je n’aurai,

Une petite hirondelle ne fera pas le printemps. Le printemps ne viendra pas chez moi. Je ne pourrai jamais t’écrire, ni jamais te border. Je ne sentirai jamais l’odeur de ta peau. Jamais je n’entendrai ton rire et tu ne me verras jamais mon sourire.

Je n’ai pas fait ce choix, la vie en a décidé autrement. Trop blessée, trop marquée, je n’ai pas voulu te donner ce que je n’avais jamais eu. Mais aujourd’hui, secrètement, je t’espère.

Me semble que j’aurais été pas pire comme maman…

Je ferme les yeux et je réalise que nous aurions été bien ensemble. Je voudrais te faire connaître la vie, ton papa, ton grand-papa, tes demi-frères, tes demi-sœurs, tes chiens. Tu en as trois chiens; ce sont les amours de ma vie… après toi.

Ton papa, je l’ai bien choisie. Je suis amoureuse! Tellement amoureuse. La vie est belle auprès de lui. Ton papa sent le chocolat. Il est drôle, il fait du bruit en mangeant. Il n’aime pas qu’on lui parle quand il se lève tôt le matin. Lorsqu’il m’amène mon café, c’est un signe qu’il est prêt. Ton papa, est mon grand homme des bois. Un animal sauvage, comme moi. Comme toi.

On est bien ensemble, la vie est plus belle à ses côtés. Ensemble, on a voyagé, tellement voyagé. Dormi sur des plages, vu les plus grands paysages, bu les meilleurs vins.

Parfois, le soir, on parlait de toi. Je m’imaginais que tu serais le seul à m’entendre de l’intérieur. Tu serais le seul qui serait aussi près de mon cœur. Et il n’aurait que toi, juste toi.

Songe de toi, mon enfant rêvé

Notre vie est belle, tu y seras bien. Tu seras mon hirondelle. Je t’amènerai sur la plage. Je te montrerai à faire des châteaux. Ton papa va creuser un immense trou avec des petits tunnels. Tu vas rire et moi je vais prendre des photos à la tonne. À chaque été, on y retournera.

Quand tu seras malade, je vais te faire de la soupe. C’est bon de la soupe quand on fait de la fièvre, tu verras. Je vais moucher ton nez qui coule, je vais panser tes bobos lorsque tu apprendras à faire du vélo. Il est vrai, on tombe parfois, mais maman sera là. Sache que tu seras le seul à m’appeler maman, car tu seras mon seul et unique enfant. Je t’aimerai. Ton papa aussi, on sera heureux.

La plus grande tristesse que j’ai à présent est le fait que tu ne vivras que sur ses pages. Tu vas courir sur ses lignes. Tu ne pourras être dans mes bras. Ton papa ne peut plus avoir de bébé. Mais, moi je t’espère. Encore et toujours,

Ta maman,

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